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TEXTE : MARC JAVOINE
PHOTO : MAGDALENA PLOWUCHA & GUILLAUME TROUVÉ

DoubleNeuf 

Un week-end du mois de juin, on vous a fait gagner des places pour aller sur le festival DoubleNeuf, au Château de Buno, dans l’Essonne. Et nous, on avait envie de gagner aussi, alors on y est allé. Double Neuf fait rimer rap et bucolisme, et fait résonner chaque été des basses groove dans le cadre de rêve du Château de Buno, petit château posé au bord de la rivière, dans un écrin de verdure. Un week-end à la cool, familial, dédiée aux cultures hip-hop, au graff, à la danse, à la musique. Tu pars de Paris en caisse avec tes potes, tu fais une heure de route. Tu arrives sur un petit parking ombragé dans l’enceinte du « château ». Tu poses ta caisse : on est vendredi soir, tu la retrouveras dimanche. T’es accueilli par des bénévoles à la cool, grand sourire, qui t’expliquent où est le spot où tu vas planter ta tente, et t’échangent tes euros contre de la « Bunoseille », le $ local. Tu traverses un petit pont : le dancefloor est devant la bâtisse, cerclée de douves. Y’a deux ou trois barques si jamais tu veux ramer un peu. C’est la deuxième édition du festival, émanation d’une émission de radio, elle-même déclinée à la base d’un exercice de style, Quatre Vingt Dix Neuf. A la manière de Raymond Queneau dans son livre Exercices de style, Quatre Vingt Dix Neuf propose à de nombreux rappeurs de raconter la même histoire, chacun avec leur propre caractère, leur propre flow. Rapidement, une émission de radio naît de ce projet : Double Neuf, dont la volonté est d’explorer les liens entre le rap et la création sous contrainte. Mais Double Neuf vise aussi et surtout à vous faire découvrir le milieu foisonnant du rap français (mais pas que), via un focus artiste actuel, un rapothicaire qui dépoussière des pépites rap englouties sous l’épaisseur du temps, et une junkline qui fouille les méandres de l’internet à la recherche des pires sons possibles inimaginables. Double Neuf, c’est une porte d’entrée vers la culture hip hop globale et marseillaise, avec des chroniques didactiques sur le beatmaking, le vocabulaire du rap, la culture hip hop américaine, et du micro trottoir dans les kebabs marseillais. Une bonne dose de bonne humeur servie par quatre animateurs en pleine forme, aux goûts musicaux et personnalités complémentaires : Jonah, le pilote, Lennie, le prof, Tuco, le fou, et Vlad, le cuisinier. Au proramme du festival, des concerts de rap en pagaille, un plateau radio Double Neuf, du gros son, la sieste au soleil, des tours de bateaux sur la rivière : que du bonheur. Un château pour le style, des pelouses pour le chill, la rivière pour la fraicheur et le soleil pour se sécher. Suffisamment proche de Paris pour y arriver facilement, suffisamment loin pour qu’on soit tranquille. Sur place, de la cuisine du monde, de la bière artisanale, des petits rhums arrangés, des grillades, mais aussi des frites maison, du fromage (et les deux ensemble). Une fois arrivé à Buno, c’est sûr qu’on a envie d’y rester…

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«T’es accueilli par des bénévoles à la cool, grand sourire, qui t’expliquent où est le spot où tu vas planter ta tente, et t’échangent tes euros contre de la « Bunoseille », le $ local. Tu traverses un petit pont : le dancefloor est devant la bâtisse, cerclée de douves. Y’a deux ou trois barques si jamais tu veux ramer un peu.»

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Fixpen Sill

Né en 2009 de Keroué, Quimpérois, et Vidji, Douarneniste, Fixpen Sill se démarque grâce à un rap fluide, axé sur la technique et la performance. Déterminé, ambitieux, le duo aime le rap, qu’il soit français et américain. Ils maîtrisent les codes, s’adaptent à l’époque, avec leur vision et le respect d’une tradition qui leur est propre. Qualifié par la presse d’espoirs du rap français, caractérisé par son goût de l’écriture, et ses qualités littéraires, dans la veine des Oxmo Puccino et Orelsan, dans un son très 90’s, Fixpen Sill propose des textes au vocabulaire riche, sur les thèmes de l’ambition, de la société de consommation, des luttes sociales, et du temps qui passe. C’est d’abord en 2011 qu’ils se font remarquer avec le 5 Majeur [collectif composé de Fixpen Sill, Nekfeu, Hunam et Heskis] et leur 9 titres qui remportent un franc succès. Porté par la popularité grandissante de Nekfeu et la technique accrue des 5 rappeurs, le projet reçoit un bon accueil auprès du public, qui sonne alors comme une belle promesse d’avenir, ne demandant qu’à être confirmée.
Forts de cette expérience, les deux finistériens enchaînent rapidement sur un LP « Le Sens de la formule » qui pose les fondations du groupe. S’en suit un nouvel album très spontané avec 5 Majeur en 2013, Variations, écrit et enregistré en 10 jours.
« Edelweiss », premier album de Fixpen Sill, voit le jour en février 2016. De « L’aquarium » à « Après moi le déluge » en feat avec Nekfeu, le disque est un projet complet, intemporel, qui affirme une prise de position, susceptible de déplaire aux puristes. Depuis, basés à Paris, ils accouchent d’un EP : « A4637 », qui témoigne d’un nouveau souffle, d’une nouvelle image pour le binôme, proposant un rap plus direct et énergique.

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