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TEXTE : PATRYK KAPLITA & LUDOVIC CAPARROS
PHOTO : PATRYK KAPLITA

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24h après mon premier contact avec les gars de Roadie je reçois un message sur mon téléphone : « Dans 3 jours, Tommy Cash passe à la Maroquinerie. Vous voulez y aller ? »

Sérieux ?! Carrément oui! Ni une ni deux, on est mis en contact avec son tourneur en France et c’était parti pour une expérience unique. Je venais d’être promu photographe pour la soirée,  et je devais capturer à travers l’objectif foule, ambiance, et surtout le fameux Tommy Cash.  

Le jour J,  je prépare tout le matos, nettoie les objectifs et je demande à mon patron d’embobiner le film sur les argentiques. Tout est fin près pour cette soirée, quand je reçois alors un message « On ne sait pas si ca va se faire, on a toujours pas de nouvelles de Tommy, on sait pas s’il va arriver ». Whaou c’est chaud mais ca rajoute un peu de piment à la situation. Après la journée, je quitte enfin le studio, direction la Maroquinerie rejoindre mon pote Ludo. J’allais photographier Tommy Cash, le roi du rap post-soviétique, aux paroles nourries d’euphémismes sexuels, de références à la drogue et à l’angoisse de l’ordinaire, saupoudrées de vidéos surréalistes. Tout ce qui, en tant que Polonais, me parle parfaitement. Je suis trop chaud ! Une fois sur place, nous rencontrons le producteur des concerts de l’artiste sur le territoire, un peu moins inquiet cette fois-ci car il a eu un signe de vie, « ouf ! » Ca mérite bien un verre ! Au détour de quelques bières et autres anecdotes, il nous raconte que Tommy est imprévisible en terme d’organisation. C’est surement dû fait qu’il réalise tout lui même. Pour la petite histoire : la première fois qu’il est venu pour un concert en France, il s’est pointé deux heures avant, tout seul !  Alors qu’ils devaient être trois. Il était là, avec son macbook sous le bras, en se demandant où est-ce qu’il devait brancher le son. Tout ça pour donner un concert devant 80 000 personnes et disparaitre seul dans la nuit chercher un endroit pour dormir… « Ce mec est génial ! ». Malheureusement on n’a pas eu le feu vert pour interviewer Tommy : tout le monde avait peur qu’il se barre à tout moment.

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«difficile de rester pro quand la salle entière part en pogo sauvage dans des rythmes hardtech mélangés au rap estonien»

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Ça y est, le videur nous dit que la première partie commence. Nous entrons. On retrouve une ambiance survoltée « à la rave russe » avec le dj Felicita. On aime et on bouge comme il faut pour s’échauffer. Quand soudain, la musique s’arrête pour laisser place à Tommy Cash  ! Ni bonjour, ni merde : il a emporté la foule avec PussyMoneyWeed. C’était parti. Couettes à la Snoop Dog avec un t-shirt XXL au logo nucléaire, il enchaîne ses sons les uns après les autres. Au début, on essaie de créer du contenu pour le magazine, se déplacer dans la foule avec tout l’attirail, prendre quelques personnes en photo etc., comme Eddy « le Kid » qui traînait par là, mais difficile de rester pro quand la salle entière part en pogo sauvage dans des rythmes hardtech mélangés au rap estonien. Très rapidement, je me suis retrouvé en plein dedans à kiffer ma soirée avec 3 appareils accrochés au cou et un sac à dos rempli de matos. Son énergie est impressionnante, pas de coups de mou, pas de coupures ni de ralentissements juste de la pure furie slave, quelque chose que je n’ai pas ressenti depuis des années. Un retours aux roots pour moi, et un moment de pur plaisir ! On s’attendait à voir une belle performance mais Tommy est un must see en live ! Une fois la musique finie,  l’artiste repart dans l’ombre comme il a l’habitude de faire. Retour à la réalité :  je vérifie mon matériel pour savoir s’il en reste quelque chose et combien va me couter tout ce que j’ai perdu ou cassé,  mais néanmoins un grand sourire ne quitte pas mes lèvres. C’était une dinguerie. Depuis je reste un grand fan de ce personnage et de sa musique. Cette soirée reste un des meilleurs concerts que j’ai vu. Dire que tout ça est parti d’une conversation autour d’une table où je me la pétais avec un appareil qui n’était meme pas à moi et dont je savais à peine m’en servir …

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